Éloge des caravanes abadie, mars 30, 2026mars 30, 2026 Cela n’a l’air de rien, un fond de jardin, un abri de tôle. C’est un refuge. Contre les insomnies, les fâcheries, passer la porte c’est oublier. Oublier que l’on a une maison à ranger, une vie qui s’excite, qui joue à l’importante, qui veut vous dévorer. La caravane dit deux choses. La première, que raconte cette petite jolie des années 1960, c’est l’été infini. Le départ pour trois ou quatre semaines, l’installation d’un petit camp et les vacances familiales. C’est la vaisselle qui patiente, les longues siestes, les livres choisis bien gros. Sur ces quelques jours, tant de douceur s’accumule que les murs suintent ensuite. Pschiitt, une giclée d’été, Pschitt, une vapeur de bonheur. La petite, comme on l’appelle, ne sort plus guère qu’une ou deux semaines, elle bringuebale alors, toute fière de son grand âge, vers un camp autogéré caché dans une pinède méditerranéenne. Elle ne sort quasi plus, mais chaque semaine, nous y dormons. Toute l’année. Un shoot de vacances, qu’il gèle, qu’il pleuve, sous le duvet, c’est l’été. Parfois, nous rechignons à rentrer, revenir à la maison, la vraie. Celle qui a tant de pièces, tant de meubles, tant d’objets qui, là, dans notre caravane, ne nous manquent jamais. Et puis, il y a La grande. La grande, je suis allée la chercher au Camp de la Tortue, elle avait connu Dalida qui, ventre gros, voulait une chambre supplémentaire. Moi, Mon ventre avait éparpillé quatre bambins devenus adultes et je ne voulais qu’une chambre. J’ai mis le pied dans La grande, et on s’est aimées. Elle avait vécu, sa porte avait été fracturée un jour où Dalida ne trouvait plus la clé, le plastique des sièges était par endroits tailladé, mais c’était une vraie. Une caravane-maison, une de celles qui promettent l’hiver au chaud, qui saurait aimer la guitare de S. , une qui ne se vexerait pas de ne plus jamais bouger. Elle, on l’a emmenée, ce fut épique, dans la forêt des Landes. Pour elle, on a fauché un airial miniature, construit une cabane cuisine salle de bain, car, dans ces caravanes là, on ne salit pas. Et puis on l’a calée, briquée, une table, un brasero et la pleine lune. La pleine lune car chaque mois, quand elle s’arrondit, nous rejoignons notre camp sous les étoiles. L’histoire est rigolote, S. et moi venons du même village et donc nous allons voir nos parents régulièrement. Bon point pour nous. Sauf que nous sommes un peu ours et donc grâce à La grande, nous avons un chez nous près de chez eux. Nous pouvons, comme à la maison, fuir les lumières artificielles pour les lueurs du ciel. Parfois il fait froid, très froid, parfois il fait chaud, trop chaud. Mais c’est la vraie vie, le vrai climat, la quantité d’eau se mesure quand il faut remplir le jerrycan, celle des déchets aussi. On apprend à optimiser, on sauvegarde l’ombre, on dort avec un bonnet. Ce qui tient dans ces caravanes, c’est la liberté. Ce qui compte, c’est S. qui joue de la guitare, moi qui griffonne, le soleil qui perce et le temps qui enfin ralentit. Uncategorized
Bienvenue sur mon blog ! mars 30, 2026mars 30, 2026 Voilà qui fait plaisir, retrouver sa liberté ! Parce que, c’est bien gentil Instagram ou… Read More