Downsizer ou en finir avec la maison familiale abadie, juillet 12, 2026juillet 30, 2026 En discutant avec un élève américain (je donne des cours de français en ligne), j’ai découvert une pratique assez répandue là-bas : Downsizer. Il m’a expliqué qu’une fois les enfants partis, il était classique de déménager pour prendre une maison plus petite. Cela m’a fait réfléchir au rapport que nous entretenons avec la « maison de famille ». Une fois les enfants partis, si les parents vivent encore ensemble, vendre la maison de famille pour déménager juste à côté, dans un logement plus petit parait une opération de bon sens. Et pourtant. Récupérer la chambre de l’ado qui va presque sur la trentaine est parfois vécu comme un effacement de cette adolescence, alors vendre la maison ? N’est-ce pas vendre l’idée de cette famille ? À l’époque où l’accession à un logement suffisamment grand se fait de plus en plus tard, où la coloc se prolonge par choix, les parents sont parfois tenus par un contrat implicite de se muer en gardien.ne.s des lieux de l’enfance. J’aime à dire que j’ai eu des enfants. Dans ce passé choisi, je reconnais leur passage à l’âge adulte, l’égalité relationnelle et soyons franche, la liberté que cette formulation m’offre. J’ai adoré être mère. C’est un sujet que j’explore encore et encore tant il m’étonne. Mais je ne le suis plus. Profondément attachée à mes enfants, curieuse de leur vie d’adulte, de leur façon de voir le monde, je revendique dans le même mouvement, et leur liberté et la mienne. Dynamiter la maison familiale est pourtant un pas de plus, je le sens. Alors, devons-nous travailler pour entretenir des chambres vides ? Devons-nous vivre à deux dans une maison faite pour six tandis que nos propres enfants ne trouvent pas de logement abordable ? Un entre-deux s’est dessiné, à l’ancienne, nous avons pris un locataire. Sans être colocataires, nous sommes logés à la même enseigne. Vivant en zone touristique, la tension sur le marché locatif est énorme. Depuis deux ans nous louons une partie de la maison à un salarié en détachement professionnel. Lui y trouve un loyer abordable, un lieu de vie agréable pour sa semaine, notre maison apprécie de voir ses volets s’ouvrir et se fermer, le loyer participe à l’entretien et me permet quelques heures d’écriture en plus. Cette cohabitation construit autre chose, une relation à la maison qui n’est plus simplement le lieu de la famille, mais un lieu d’habitation qui avant nous a hébergé d’autres vies et qui a vocation à le faire de nouveau pour vivre. Nous sommes de passage, hébergés par la maison. C’est étrange au début d’avoir quelqu’un chez soi, et puis ce quelqu’un devient quelqu’un que l’on connait. Nous ne partageons que quelques mots, nous ne mangeons pas ensemble, cependant nous mutualisons les équipements et c’est quelque chose de joyeux et de facile. C’est aussi une projection vers un habitat partagé entre l’immeuble et la colocation. Une façon de tester le curseur au-delà de la maison familiale, de la famille et même de notre cercle social. Édit de fin juillet 2026: La Maison familiale, non pas la mienne mais celle de ma mère a brûlé dans les incendies de Biscarrosse. Je me suis écroulée en l’apprenant. C’est d’une violence inouïe. Il y a une grande différence entre choisir et subir. Dans ce deuil, ma maison est désormais l’aïeule, plus que des murs celle qui abrite l’idée même de la famille élargie. Uncategorized
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